Cavafis, pourquoi ? - Poèmes traduits par François Sommaripas

La bataille de Magnésie

Sa belle ardeur, son courage, l'ont trahi
et, à present ce qui, encore, compte pour lui

c'est- tout autre souci écarté -
prendre soin de ce corps fatigué,
presque malade.

Philippe a donc ainsi décidé
et ce soir il s'amuse et joue aux dès.

Des roses sur la table! Quant à Magnésie, il n'en a cure
d'Antiochos
– ses troupes en pleine déconfiture!

On parle d'un vrai désastre pour son armée.
Peut-être exagèrent-t-ils, tout ne peut être vrai.

Souhaitons-le! Ennemis soit, mais ils sont frères de race.
Mais ce "souhaitons" suffit! Chaque mot mérite sa place.

Serait-il même de trop? Ajourner la fête? Idée dérisoire!
Malgré cette grande fatigue, il a toute sa mémoire,

il n'oublie pas la profonde désolation en Syrie
lorsque la Macédoine, leur patrie, fut anéantie.

Que le festin commence sans plus perdre de temps.
Les flutes, les torches-
faites vite esclaves, qu'est-ce qu' on attend!

1915 - 54

Traduction : François Sommaripas

En 190 av.J.C les romains ont vaincu à Magnèsie l'armèe d'Antiochos le Grand.
Sept ans avant ils avaient battu à Cynocephales L'armèe de Philippe, roi de Macédoine. et Antiochos avait laissé faire.

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