Cavafis, pourquoi ? - Poèmes traduits par François Sommaripas

En 200 av. J.C.

"Alexandre de Philippe et les Grecs, à l'exception des Lacédémoniens". A Sparte, on peut l'imaginer, ils n'en avaient cure
de cette inscription: "A l'exception des Lacédémoniens".
Ce n'était pas aux Spartiates d'être dirigés,
recevoir des ordres comme serviteurs précieux. Par ailleurs
une expédition panhellénique dont le chef
ne serait pas un roi de Sparte
ne leur paraissait pas d'importance. Donc,
certainement "A l'exception des Lacédémoniens".

C'est aussi une attitude, ça peut se concevoir.

Ainsi, à l'exception des Lacédémoniens à Granikos;
et à Issos plus tard; et dans la bataille décisive,
à Arbèles, quand la terrible armée levée par les Perses
pour assurer leur victoire fut décimée:
partie d'Arbèles pour vaincre, et décimée.

Et de cette admirable expédition panhellénique
- la victorieuse, la prestigieuse, la renommée
la glorieuse comme il n'en fut jamais pareille,
l'incomparable –
c'est nous qui en sommes issus, un monde grec nouveau,
un monde magnifique.

Nous les Alexandrins et ceux d'Antioche,
de Séleucie et les nombreux autres Grecs;
d'Egypte et de Syrie et ceux de Médie
et ceux de la Perse et d'autres encore.
Avec les territoires étendus et l'éclosion
d'un vaste arc-en-ciel d'ajustements conceptuels.
Et la Langue Grecque Commune, nous l'avons
portée jusqu'en Bactriane, jusqu'à chez les Hindous.

Parler de Lacédémoniens? Allons donc!

1931 - 152

Traduction : François Sommaripas

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