Cavafis, pourquoi ? - Poèmes traduits par François Sommaripas

Le cortège de Dionysos

Damon, sculpteur sans égal dans le Péloponnèse,
met la dernière touche au cortège de Dionysos.
Taillé dans le marbre de Paros, le dieu au premier plan,
dans toute se gloire et sa force, ouvre la marche.
Il est suivi d'Acratos, le vin fort et pur.
L'Ivresse, à son côté, abreuve les Satyres
d'une amphore couronnée de lierre.
Hédyœnos, l'indolent vin doux, suit,
assoupi, les yeux mi-clos. Puis les chanteurs
Molpos, Hédymélès et enfin Comos, qui veille
pour que la torche du divin cortège ne s'éteigne jamais.
En fin du cortège, très digne, Télété
la maîtresse des cérémonies, -
Damon est penché sur son œuvre. Mais en même temps,
il pense à la récompense qui l'attend
du roi de Syracuse - trois talents, une belle somme!
En ajoutant ses propres avoirs le voici - lui aussi -
parmi les fortunés et alors - quelle joie! -
à lui la politique,
lui aussi à l'Assemblée, lui aussi à l'Agora.

av. 1911 - 19

Traduction : François Sommaripas

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