Cavafis, pourquoi ? - Poèmes traduits par François Sommaripas

Les chevaux d'Achille

A la vue de Patrocle sans vie,
lui, si vaillant, si vigoureux, si jeune,
les chevaux d'Achille se mirent à pleurer;
leur nature immortelle se révoltait
devant ce spectacle de la mort.
Ils remuaient leurs longues crinières, secouaient leurs têtes, battaient la terre, ils se lamentaient sur Patrocle, à présent sans âme,
ravagé, une rebut de chair sans vie – son esprit disparu – sans défense - sans souffle – rendu de la vie au grand Rien.

Zeus, voyant ses chevaux immortels en larmes,
fut touché. "Aux noces de Pylée" dit-il,
"Je ne devais pas me laisser à mon impulsion,
on n'aurait pas dû vous donner, mes pauvres chevaux.
Votre place n'était point parmi les humains,
ces pitoyables jouets du destin. Vous, que ni la mort, ni la vieillesse n'atteignent vous êtes en train de souffrir de misères temporelles,
participant aux malheurs des hommes". - Pourtant,
les deux nobles bêtes, versaient toujours leurs larmes
devant l'indicible désastre de la mort.

av. 1911 - 20

Traduction : François Sommaripas

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