Cavafis, pourquoi ? - Poèmes traduits par François Sommaripas

Les Troyens *

Nos misérables tentatives, nos vains efforts,
sont comme ceux des Troyens.
Parfois les choses nous réussissent un peu,
nous remontons légèrement la pente
et le courage revient avec l'espoir.

Mais quelque menace surgit toujours et nous arrête.
Devant nos portes, Achille paraît sur le fossé
et de ses cris nous glace le sang.

Nos tentatives sont comme celles des Troyens.
Nous nous disons que, forts de résolution et de courage,
nous parviendrons à dévier l'hostilité du sort
et nous sortons hors des murailles livrer combat.

Mais dès qu'arrive l'instant décisif
nos résolutions et notre courage
s'évanouissent;
notre âme en désarroi, nos cœurs paralysés,
hagards, nous courons le long des murailles
cherchant notre salut dans la fuite.

Cependant, notre désastre est certain.
Déjà, les lamentations s'élèvent des remparts.
On pleure sur les jours passés,
les souvenirs et sentiments qui furent notre existence.
Priam et Hécube se lamentent sur nous.

av. 1911 - 12

Traduction : François Sommaripas et Jacques Phœbé

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