Cavafis, pourquoi ? - Poèmes traduits par François Sommaripas

Philhellène

Pour la gravure, il faut mettre tout ton art.
Dignité, mais aussi de la grandeur.
Le diadème, plutôt étroit;
ces larges diadèmes des Parthes me répugnent.
L'inscription, en grec comme d'habitude
mais sans exagération, rien de pompeux
- gare au Proconsul qui ne cesse de chercher
comment se faire valoir à Rome -
mais, cependant, honorifique.
Sur le verso, quelque chose de distingué;
peut-être un bel éphèbe lançant le disque.
Enfin faudrait-il songer
(surtout, ne l'oublie pas Sithaspès!)
après les mots Basileus et Soter
élégamment graver "Philhellène".
Oui, je te vois venir! Ton mauvais esprit:
"Quels Hellènes, où sont-ils
de ce côté de Zagros au-delà même du pays de Phraate?"
Des plus barbares que nous l'ont bien mis
pourquoi pas nous? N'est-ce pas vrai d'ailleurs
que des sophistes arrivent parfois de Syrie,
des versificateurs et autres bons à rien?
A la culture hellénique,
nous ne sommes donc point étrangers!

1912 - 34

Traduction : François Sommaripas

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