Cavafis, pourquoi ? - Poèmes traduits par François Sommaripas

Une nuit

La chambre était pauvre, exigue,
au dessous, un mastroquet louche.
La fenêtre, la ruelle étroite et malpropre.
Les voix de quelques ouvriers montaient,
ils jouaient aux cartes, s'amusaient.

C'est sur cet humble lit, lit de pauvres gens
que j'ai possédé l'amour. Son corps
ses lèvres voluptueuses, leur rose incarnat,
lèvres de l'ivresse. Cette ivresse
qui hante ma maison solitaire, après tant d'années,
et vient encore et encore me trouver.

1915 - 53

Traduction : François Sommaripas

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